| J'ai travaillé à Tchernobyl et à Mururoa et je suis trop âgé pour Fukushima mais toujours volontaire ! Le nucléaire : une industrie mais, une évolution du métier, cependant m'inquiète et m'interpelle : c'est la privatisation des métiers du nucléaire et la recherche à tout prix d'une rentabilité de la production, c'est tout le contraire d'une approche sécuritaire de l'atome comme je l'ai connu il y a encore une dizaine d'année... et j'ai perdu totalement confiance à la lumière de l'accident de Fukushima. | |
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Ce site est en modification permanente, revenez me voir. Il y a des centaines de photos à découvrir sur ce site, alors prenez votre temps. Beaucoup de pages ont été traduites en anglais |
Dernière mise à jour : 8 mai 2012 |
Les autres pages du site :
| (Carmina Burana) |
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| Le nucléaire une très longue histoire Ayant travaillé 30 ans dans le nucléaire et pendant plusieurs mois à Tchernobyl, l'expérience mérite d'être contée et de servir de fil rouge à mes réflexions sur le nucléaire et la radioactivité. A partir des pages de l'historique, accessibles ci-dessous, vous pouvez découvrir, succintement, des anecdotes et quelques unes de mes expériences dans le nucléaire permettant ainsi de mieux mesurer le chemin parcouru pendant le XXème siècle...
Pour
en savoir un peu plus ce qu'est la radioactivité, cliquer ici
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Mais voici le début de l'histoire et quelques informations rapides...
Premier flash-back : Mon entrée au Commissariat à l'Energie Atomique (CEA)
Le 2 janvier 1968 dans le Laboratoire de Métrologie des Rayonnements Ionisants, LMRI sur le Centre d'Etudes Nucléaire de Saclay, marque le début de ma carrière dans le nucléaire. Ce laboratoire, pas encore laboratoire primaire, n'a été rattaché au Bureau National de Métrologie qu'en 1969 BNM (*). A l'époque, je n'avais pas fini mes études, et c'est dans ce laboratoire que je préparai ma thèse d'ingénieur.
Ma participation active, pendant 9 ans, à la grande aventure de la création, de la mise en place et de la caractérisation des étalons primaires nationaux et internationaux, reste une étape majeure dans ma vie professionnelle et dans ma mémoire.
NOTA
: A l'époque, nous ne parlions pas de "becquerels"
mais de "curies" et de "µ
curies", pas de "grays"
mais de "rads", pas de "µ
sieverts" mais de "millirems".
Ce n'était pas plus simple, mais ces unités, surtout, faisaient
moins peur : on utilisait des sous- multiples plutôt que des termes multiplicateurs.
Mais nous n'avions pas le choix, il fallait entrer dans le Système
Internationales d'unités (SI).
(*) Le BNM n'existe plus depuis le 27 janvier 2005, il a été remplacé par le LNE (Laboratoire National de Métrologie et d'Essais - ancien Laboratoire National d'Essais).
Pour parcourir mes publications, certaines sont aussi accessibles à la bibliothèque de Saclay.
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Deuxième flash-back : L'assainissement de Mururoa
Je travail depuis 5 ans dans une filiale du groupe CEA, STMI, société chargée de l'assainissement et du démantèlement des installations nucléaires. Des faits importants (*), vont décidé la Direction des Applications Militaires à prendre des mesures.
Je
suis désigné comme Chef
de mission et je dois partir à la tête d'une équipe de
15 personnes pour plusieurs mois. La suite de l'histoire en
images ![]()
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Troisième flash-back : Travaux dans les centrales EDF
Mon expérience, inoubliable, est d'avoir vécu et travaillé pour et près de Tchernobyl, avec les Ukrainiens. Nous sommes peu nombreux à avoir participer à cette aventure unique. Même si cet accident de la technologie a été, pour l'instant, le plus grave de tous les temps, il est important pour la France - première nation nucléaire - de participer, et pour moi d'apporter une petite contribution à la réparation de cette tragédie. Comme sur toutes mes pages, je privilègie le choc des photos, c'est un peu plus long au chargement, mais cela vaut mieux qu'un long discours.
Il était une fois, en 1998....
Vue d'une partie du site de TCHERNOBYL (les quatre premières tranches), les deux suivantes n'ont jamais vu le jour, leur construction a été arrêtée le jour de l'accident - 26 avril 1986.
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Au fond la ville de Prypiat
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Entre Prypiat et la centrale, la fameuse forêt de "sapins rouges". Au premier plan, les bâtiments administratifs et la cantine (voir photos de la place) et les photos satellites du site avec quelques points de repère Ensuite, dans l'ordre, les Unités de production RBMK de 1 à 4. Le "sarcophage" en gris au fond, et devant, la célèbre cheminée de l'Unité 3 et 4, celle qui a été arrêtée le 15 décembre 2000, sous la pression des pays occidentaux.
Pour comprendre l'accident de Tchernobyl, il faut lire les explications complémentaires aux photos, sur les deux grands coups de chance des soviétiques avec leur RBMK ... (dans cette page également les hypothèses russes pendant la crise de mai 1986 et le testament de l'académicien Legassov présent les premiers jours) |
| Voici le certificat de "baptême" donné à l'issue de la première entrée dans le "Schelter" (sarcophage) par les autorités Ukrainiennes. Mon nom n'est pas très bien ortographié en Russe, ci-dessous une copie de ma carte de visite, plus claire!!. | ![]() |
| recto |
verso |
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| J'ai travaillé pendant sept mois sur la première phase du projet "SIP" (1998-2000), comme ingénieur membre d'une équipe d'un consortium international géré par le G7 et la BRED. | |
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Ce consortium a comme chef
de file SGN, filiale 100% du groupe AREVA
leur site internet a disparu en 2009 | |
| les anglais de AEA | |
| ainsi que les japonais de JGC | |
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Nos bureaux se situaient à 60 Km de
la centrale, en dehors de la "Zone d'exclusion",
dans une ville qui s'appelle SLAVUTICH
voir les photos
( with english version ). Dans cet album, je raconte notre vie en
Ukraine, au milieu d'un peuple extrêmement chaleureux. |
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| Avancement des travaux du SIP phase 2 (2001-2007) | |
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Within the framework of phase 2 realization strategy 22 SIP tasks have been
combined in the following implementing projects :
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A l'occasion, lorsque le travail nous en laissait le loisir ou lors de petites soirées entre amis, j'ai pu dialoguer avec notre secrétaire Tatyana Yagodzinskaya qui habitait à Prypiat en avril 1986. Ce qu'elle nous a raconté est très proche du témoignage recueilli par un journaliste, que vous pouvez lire ici, à quelques variantes près : Les soins de sa famille ont été fait à Moscou au lieu de Léningrad, et la fin est plutôt plus heureuse, pour elle qui travaille avec nous et pour sa fille qui avait 3 ans en 1986 et qui après 6ans de soins, pendant son enfance, suit maintenant des études à l'université de Kiev.
Réflexions sur le nucléaire et l'accident
1) Mes domaines privilégiés sont la sécurité, les mesures nucléaires, et les interventions en milieu hostile. Bien que spécialiste de dosimètrie, il y a un domaine qui m'intéresse, mais pour lequel je n'ai pas de compétence spéciale : ce sont les conséquences sanitaires du nucléaire et de Tchernobyl en particulier, je n'en parlerai donc pas directement, mais à l'occasion si je trouve un débat ouvert, constructif et qui apporte quelquechose, je m'en ferai l'écho.
2) Dans le domaine du nucléaire, il faut absolument dire la vérité pour rester crédible, même en cas d'incident et/ou d'accident pour continuer de bénéficier de l'apport extraordinaire de cette énergie, et n'en déplaise à certains de nos écologistes, tout en préservant notre planète et son climat, grâce à des rejets de gaz à effet de serre très faibles.
3) Il y a eu mensonge d'État : Tout ce que nous pouvons savoir, c'est que les chiffres publiés et l'impact des retombées ont été largement minimisés d'une part par l'URSS, en cela je suis assez d'accord avec les derniers commentaires (sur ARTE) du physicien allemand Sebastien Pflugbeil, et d'autre part, par un grand nombre de pays de l'Ouest dont la France. Sans atteindre des niveaux de risques importants, en France, certains seuils, en des endroits très particuliers, ont été dépassés, IL FALLAIT LE DIRE. Les français ne sont pas des "veaux" et je pense que si les autorités avaient dit aux habitants de Corse et de quelques départements du Sud-Est de prendre des précautions, nous ne serions pas maintenant dans des polémiques, et il n'y aurait pas eu de "panique". J'ai été en vacances en Corse en août 1986, avec mes enfants, mais j'ai pris quelques précautions, de bon sens, quant à la consommation de certains aliments (lait et fromages par exemple, quant aux légumes on ne les consommait pas sans les laver, alors!!). Compte tenu du suivi médical dont je faisait l'objet, en temps que travailleur du nucléaire, j'ai pu suivre l'évolution de ma contamination interne (entre autre le pic de césium de Tchernobyl) et je peux dire que comparée à celui de collègues restés en région parisienne, pendant la même période, il n'y a pas eu de variation significative. Quinze ans après, on commence à en savoir un peu plus. Le point sur la Corse, un article du Figaro du 1er février 2002.
4) Conséquences sanitaires de l'accident de Tchernobyl, on commence à en savoir de plus en plus, les documents officiels sont téléchargeable ici
5) Des réponses à toutes vos questions un dossier réalisé à partir des publications de l'UNSCEAR (United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiations) en février 2001, depuis on en sait un peu plus et ce rapport est par certains points mensongé, mais comment pourrait-il en être autrement.
6) Visualiser la trajectoire et l'extension du nuage radioactif grâce à la représentation de l'activité volumique du césium 137 dans l'air au dessus de l'Europe entre le 26 avril et le 6 mai 1986. Avant de visualiser cette simulation réalisée par l'IRSN, lisez les explications des calculs. L'animation est réalisée en "Flash", pour la suivre, cliquer ici (Attention, elle pèse 14,9Mo).
7) Je ne me pose plus la question.
L'existence d'un accord formel peu connu, a été
conclu entre l'OMS et l'AIEA. Cet accord limite l'OMS dans l'information des
populations sur les conséquences d'accidents comme celui de Tchernobyl,
s'il n'y a pas l'accord préalable du lobby nucléaire. Pour en
savoir plus, le professeur Michel Fernex
prépare un ouvrage sur ce scandale, lire
ici son analyse critique. Le nucléaire n'a pas besoin de ce genre
d'accord honteux. La planète est suffisamment en danger et nos besoins
en énergie sont tels qu'un lobby n'est pas nécessaire, mais il
faut seulement du bon sens et ne pas ergoter sur les moyens de la sécurité,
ce qui n'est plus le cas en France.
En 2007, nouveau scandale de l'OMS indiquant que tous les dossiers (suite aux
conférences internationales) concernant les conséquences sanitaires
de Tchernobyl avaient été publiés, et ce n'est pas vrai,
voir l'article
du Monde Diplomatique.
8) Et maintenant Fukushima, a-t-on pris la dimension de la catastrophe ? Pour Tchernobyl, je me retranchais derrière les différences de technologie, les méthodes de l'ex URSS, mais maintenant, il ne faut pas se cacher derrière les beaux discours et bonnes intentions, ça ne suffit plus, même les stress-tests ne seront peut être pas suffisants car toujours et uniquement tournés sur la technologie, on oubli trop les hommes dans cette affaire.
9) Une bonne nouvelle pour les ukrainiens (13 juillet 2011), qui craignaient à juste titre d'être un peu oubliés après Fukushima, mais la mise en place du budget pour la construction du nouveau sarcophage est fait (news en russe), ce qui donne comme perspective de construction 2015 (au lieu de 2007), mais mieux vaut tard que jamais. J'écrivais le 13 juillet que c'était une bonne nouvelle pour les ukrainiens, je n'en suis pas si sûr aujourd'hui : ce sarcophage sera un gouffre financier pour le construire d'abord et pour son entretien ensuite. Il y aurai tellement d'autres choses à faire avec cet argent, alors que Tchernobyl ne présente plus de danger. Certe, il faut consolider le sarcophage actuel pour éviter un collapse du toit, encore que seule la zone interdite serait concernée par les contaminations. En mon âme et conscience, je pense que le déblocage des fonds est une manoeuvre politique pour calmer les ukrainiens d'accepter la construction de nouvelles centrales : dans nos pays occidentaux, ça va être de plus en plus difficile et on manque toujours d'énergie.
| Questions | ||||||||||||||||||||
| 1) Quel est l'origine du "trèfle" comme logo et marque du risque de la radioactivité? Il est souvent décliné en couleur et avec beaucoup de variantes : Je n'ai pas encore la date, mais j'ai un début de réponse : ce logo représente un atome d'uranium avec son rayonnement (merci à Véronique B.). | ||||||||||||||||||||
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