Les derniers prix Nobel de physique français
   
Prix nobel de physique en 1970

Un physicien dans la Marine
Louis Néel naît à Lyon en 1904. Après des études scientifiques à l'Ecole Normale Supérieure, il passe l'agrégation de physique en 1928 puis obtient son doctorat en 1932. Tout au long de sa vie, il dirige plusieurs laboratoires de recherche et cumule les mandats scientifiques. Il est notamment président du conseil d'administration du CNRS, membre du Conseil de l'Enseignement supérieur et représentant de la France au Conseil scientifique de l'OTAN. Ses travaux, qui portent sur le magnétisme, trouvent leur application principalement dans le domaine militaire pour la désaimantation des navires, qui permet de les protéger contre les mines magnétiques. En 1970, il partage son Prix Nobel avec l'astrophysicien suédois Hannes Alvén. Louis Néel est décédé en 2000.

   
Prix nobel de physique en 1991

Un physicien polyvalent
Né en 1932 à Paris, Pierre-Gilles de Gennes fait des études scientifiques à l'ENS. A sa sortie, il est engagé au Commissariat à l'énergie atomique comme ingénieur de recherche. Il obtient le titre de Docteur ès sciences en 1957, suite à une thèse sur la diffusion des neutrons dans les milieux magnétiques. Après avoir enseigné à la Faculté d'Orsay, il est nommé professeur au Collège de France en 1971. Devenu membre de l'Académie des sciences en 1979, il poursuit des travaux dans des domaines variés. Il obtient le Prix Nobel de physique en 1991 pour ses recherches sur la matière molle. Actuellement, Pierre-Gilles de Gennes continue à enseigner au Collège de France. Il est également membre de l'Institut Curie et directeur honoraire de l'Ecole supérieure de physique et de chimie industrielles.

Il nous a quitté ce vendredi 18 mai, à l'âge de 74 ans. Beaucoup de personnes sont sous le choc

   
Prix Nobel de Physique 1992

L'inventeur du programme "La main à la pâte"
Georges Charpak naît en 1924 en Pologne. Arrivé en France à l'âge de sept ans, il sera naturalisé en 1946. Elève en classe préparatoire à Paris pendant l'Occupation, il passe le concours d'entrée à l'Ecole nationale supérieure des mines mais il est arrêté peu après pour faits de Résistance. A son retour de déportation, il intègre enfin l'Ecole des mines. Brillant étudiant, il entre dès 1948 au CNRS. Il rejoint ensuite le Collège de France et se spécialise en physique expérimentale. Georges Charpak est plus connu du grand public pour son implication en faveur de l'enseignement des sciences à l'école primaire. Son programme, "La main à la pâte", qui connaît un grand succès en France, propose de combiner l'enseignement scientifique théorique avec des expériences pratiquées par les enfants eux-mêmes.

   
Prix nobel de physique en 1997

Un des grands maîtres de la physique quantique
Claude Cohen-Tannoudji naît en 1933 en Algérie. Admis à l'Ecole Normale Supérieure, il s'installe en France en 1953 et choisit d'étudier la physique. A la fin de ses études, il retourne en Algérie effectuer son service militaire, pendant lequel il occupe des postes scientifiques. Il rentre ensuite en France pour préparer un doctorat. En 1962, il entame une carrière universitaire et devient professeur de physique atomique et quantique, sujet sur lequel il a écrit plusieurs livres de référence. En 1973, il est nommé titulaire de la chaire de physique atomique et moléculaire au Collège de France, où il enseignera jusqu'en 2003. Il partage son Prix Nobel de physique avec deux collègues américains : Steven Chu et William Phillips.

   

Prix Nobel de physique en 2007

1988 : découverte de la magnétorésistance géante par Peter Grünberg, quelques temps avant Albert Fert
1994 : il reçoivent "l'International Union of Pure and Applied Physics Magnetism Award"
1997 : le prix "Agilent Technologies Europhysics" est décerné à Albert Fert
2003 : Albert Fert est médaillé d'or du CNRS ; reçoit le prix Jean Ricard de la Société française de physique
2004 : Albert Fert est élu à l'Académie française des Sciences
2007 : ils reçoivent le prix Japonais et le prix Wolf (décerné en Israël) ; le 9 octobre, reçoit le Prix Nobel

L'attribution du Nobel de physique au Français Albert Fert et à l'Allemand Peter Grünberg confirme l'importance des découvertes des deux chercheurs au cours des vingt dernières années. 20 années dédiées au domaine en pleine expansion de la "spintronique".
Les physiciens du "spin"
L'aventure commence en 1988, lorsqu'Albert Fert et Peter Günterg découvrent, à quelques mois d'intervalle, la magnétorésistance. C'est le début du développement d'une nouvelle discipline des nanosciences, l'électronique du "spin". Elle étudie le comportement d'une particule sous l'effet d'une rotation dans l'espace. Une découverte qui intéresse rapidement les industriels, notamment dans le domaine des nouvelles technologies de l'information et de la communication. C'est en effet à Albert Fert et à Peter Grünberg, entre autres, que l'on doit aujourd'hui nos disques durs d'ordinateurs et leurs capacités de stockage toujours plus importantes. La magnétorésistance a par exemple permis le développement de têtes de lectures pour disques durs. Les recherches en cours devraient permettre d'améliorer encore, dans les années à venir, ces propriétés. Et d'étendre leurs applications à d'autres secteurs comme la téléphonie mobile ou l'informatique portable.
La reconnaissance internationale
Albert Fert est aujourd'hui professeur à l'Université Paris-Sud et directeur scientifique à l'Unité mixte de physique CNRS/Thales. Il a été élu à l'Académie des Sciences en 2004. Depuis 1988, il a reçu plusieurs prix, aux Etats-Unis, en France, au Japon et en Israël. A 68 ans, Peter Grünberg est à l'origine de la découverte de la magnétorésistance géante, en 1988, indépendamment de son confrère français. Ses travaux ont été plusieurs fois récompensés (le prix Wolf de Physique et le Japan Prize). Aujourd'hui retraité, il officie toujours pour l'Institut de Jülich et poursuit ses recherches dans le domaine pour lequel il a été récompensé par le Nobel.

  © Brigitte Eymann/Académie des sciences

Prix Nobel de physique en 2012

Serge Haroche, né le 11 septembre 1944 à Casablanca (Protectorat français au Maroc), est un physicien français travaillant dans le domaine de la physique quantique. Le 2 juin 2009, il reçoit la médaille d'or du CNRS. Le 9 octobre 2012, il est colauréat du prix Nobel de physique avec l'Américain David Wineland.

Serge Haroche, Jean-Michel Raimond et Michel Brune, « Le chat de Schrödinger se prête à l'expérience », La Recherche, no 301, 31 août 1997, p. 50.
Serge Haroche, Jean-Michel Raimond, Exploring the Quantum : Atoms, Cavities, and photons, Oxford University Press, USA, 10 août 2006.
Serge Haroche, Jongler avec la lumière - Une exploration du monde quantique, De Vive Voix, Paris, 2010.

Son rêve, manipuler un photon sans le détruire... il a réussi.

« Serge Haroche a ouvert une nouvelle fenêtre sur le monde microscopique, en nous permettant d’observer des phénomènes quantiques et des mécanismes de mesure fondamentaux dans des expériences qui semblaient jusqu’alors inconcevables (…). Niels Bohr a dit un jour que la vérité et la clarté ne peuvent être atteintes simultanément, mais l’oeuvre de Serge Haroche montre que c’est possible. » C’est en ces termes que Daniel Kleppner, professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT), parle du lauréat de la Médaille d’or du CNRS 2009. Niels Bohr n’est rien de moins que le père fondateur de la théorie quantique. Avec Werner Heisenberg, Erwin Schrödinger et d’autres physiciens de ce calibre, il révéla dans les années vingt le monde étrange de l’infiniment petit : à cette échelle, impossible de connaître simultanément avec certitude le mouvement et la position d’une particule. Elle peut être à la fois ici et là, tourner à la fois dans un sens et dans l’autre. Pour illustrer cette étrange superposition d’états, les pionniers de la physique quantique imaginèrent d’ingénieuses expériences de pensée. Ces expériences, Serge Haroche, 65 ans, à peine quelques cheveux blancs, s’emploie à les réaliser depuis plus de trente ans. Avec toujours plus de raffinement.

 

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